A great tasting of german wines (Egon Müller, Dönnhoff, Keller, Breuer, ...)

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laurent gibet
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A great tasting of german wines (Egon Müller, Dönnhoff, Keller, Breuer, ...)

Postby laurent gibet » Tue Jan 24, 2017 6:20 am

Approche des blancs allemands…





La dégustation, préparée par David Rayer, est commentée par Laurent Gibet pour les séances du soir.
Photos et mise en page par Philippe Ricard.



Quelques commentaires de contexte :
Toutes les bouteilles, stockées pendant une longue période dans des conditions optimales, ont été placées dans une cave de service, à température adaptée, verticalement, 6 jours avant notre rendez-vous.
Elles proviennent intégralement de la cave de David Rayer, un des experts en vins allemands les plus reconnus aujourd’hui :
http://www.moselfinewines.com
http://www.facebook.com/moselfinewines/?fref=nf

Cette dégustation s’est déroulée en deux séances : l’après-midi à 14h15 puis le soir à 19h30.
Ce compte-rendu détaille les impressions du soir.
Entre autres causes, une aération de 5 heures (dans la bouteille rebouchée en position verticale) peut expliquer les variations dans les appréciations.
Les vins sont dégustés sans présentation à l’aveugle, par séries.
Les verres utilisés sont les « Expert » de Spiegelau.

DS : Didier Sanchez - LG : Laurent Gibet - PR : Philippe Ricard - CDC : Cécile Debroas Castaigns - MS : Miguel Sennoun - FM : François Martinez - AA : Attila Aranyos - DR : David Rayer





1ère journée
Jeudi 24 novembre






Ordre de dégustation
(Nombre total de dégustateurs : 14)





1. Pirate : Alsace - Louis Sipp Riesling Osterberg 2008

A l’ouverture : DS15,5/16 - PR16+ - MS16 - AA16+

Après 5 heures d’aération : DS15 + - LG14,5+ - CDC15 - FM14 - DR14,5
Style sec, acidulé (citron vert). Matière austère, semblant manquer de socle.



2. Franken - Weltner Rödelseer : Sylvaner trocken 2012

A l’ouverture : DS15 - PR15 - MS15 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS14,5 - LG14,5 - CDC14 - FM14 - DR14,5
Pomme, citron, inflexions végétales, un peu comme dans le cas d’un pinot auxerrois. Forte acidité, grosse protection soufrée (protectrice mais tyrannisante). Finale assez rustre, amère.



3. Nahe - Schäfer-Fröhlich : NaheRiesling trocken 2011

A l’ouverture : DS15,5 - PR15 - MS15,5 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS15 - LG15 - CDC14,5 - FM15 - DR15
Terpénique, citronné avec en sus du fruit de la passion et des épices légères. Matière simple, incisive, filiforme.



4. Nahe - Dönnhoff : Riesling trocken 2011

A l’ouverture : DS15 - PR(15+) - MS14 - AA14

Après 5 heures d’aération : DS15 - LG15,5 - CDC15 - FM16 - DR15
On ausculte ici des notes plus mûres de tarte au citron, de combava. Matière acide mais particulièrement enrobée. Soufre bien présent. David nous explique qu’il faudrait moins de soufre pour convenir à ce type de bouteille bouchée par une capsule à vis (il existe aussi des mises avec bouchon liège).



5. Nahe - Dönnhoff : Niederhäuser Hermannshöhle Riesling GG 2011

A l’ouverture : DS17,5 - PR17/17,5 - MS17 - AA17

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG16,5 - CDC16 - FM16,5 - DR17,5
Maturité poussée, avec des senteurs de lait de coco, de citronnelle, de pêche. Matière cohérente, dense et parfumée.



6. Nahe - Schäfer-Fröhlich : Schlossböckelheimer Felsenberg Riesling GG 2011

A l’ouverture : DS17,5 - PR16/16,5 - MS18 - AA16

Après 5 heures d’aération : DS17,5 - LG16,5 - CDC17 - FM17 - DR17,5
Arômes ici peu développés (minéralité ou soufre ?). Bouche amère, tendue, austère.



7. Nahe - Schäfer-Fröhlich : Bockenauer Felseneck Riesling GG 2011

A l’ouverture : DS17 - PR17+ - MS18 - AA17

Après 5 heures d’aération : DS17,5 - LG17 - CDC16,5 - FM16 - DR18
On trouve sur ce grand cru un substrat puissant et long, sur les agrumes, avec un soupçon de gaz carbonique. Un grand cru qui mérite 5 à 10 ans de garde supplémentaires.



8. Saar - Dr. Fischer : Ockfener Bockstein Riesling 2011

A l’ouverture : DS14 - PR14,5 - MS14,5 - AA14

Après 5 heures d’aération : DS14 - LG14,5 - CDC14,5 - FM14,5 - DR14,5
Expression plus joviale, sympathique mais limitée avec sa légère sucrosité citronnée, sans réelle rémanence.



9. Saar - Van Volxem : Saar Riesling 2011

A l’ouverture : DS14,5 - PR14,5/15 - MS15 - AA14,5

Après 5 heures d’aération : DS14,5 - LG15 - CDC15,5 - FM15 - DR15
Un vin de base, crémeux (malo faite), abricoté, plaisant mais un peu téléphoné.



10. Mosel - Von Schubert Maximin : Grünhäuser Herrenberg Riesling Kabinett 2011

A l’ouverture : DS15,5 - PR15/15,5 - MS16 - AA15,5/16

Après 5 heures d’aération : DS15 - LG15 - CDC14,5 - FM16 - DR16
Matière frétillante, amicale, fruitée, sur la poire et la citronnelle. Gamme spätlese. Soufre marqué (capsule à vis, de nouveau).



11. Mosel - Karthäuserhof : Eitelsbacher Karthäuserhofberg Riesling Kabinett 2011

A l’ouverture : DS15 - PR14,5/15 - MS15 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS15,5 - LG15,5 - CDC15 - FM16 - DR16,5
Conformément à l’approche du domaine, la matière première semble ici moins mûre, plus “verte” (les vendanges étaient terminées ici alors que le domaine Von Schubert Maximin n’avait pas démarré les siennes, nous commente David). L’austérité s’exprime sur les agrumes et les épices et on gagne en longueur. Une autre version de vin fruité de la Ruwer.



12. Mosel - Julian Haart : Piesporter Schubertslay Riesling Kabinett 2011

A l’ouverture : DS14,5 - PR14 - MS14 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS14,5 - LG16 - CDC16 - FM16,5 - DR16,5
Parfums encore peu déployés mais intéressants et nets : tilleul, épices, kumquat. La bouche, faussement passive, possède une tension plus qu’honorable et se déguste avec gourmandise.



13. Rheinhessen - Keller : Westhofener Kirchspiel Riesling GG 2008

A l’ouverture : DS15 - PR15,5/16+ - MS15,5/16 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS15 - LG16 - CDC15,5 - FM16 - DR16,5
Notes de pomelo, de citron vert, d’épices (cannelle, cumin). Bonne allonge et beaux amers pour cette cuvée fruitée, acide, longiligne, encore logiquement monolithique. A revoir dans 5 ans (et plus).



14. Rheinhessen - Keller : Westhofener Morstein Riesling GG 2008

A l’ouverture : DS15 - PR16+ - MS16,5/17 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS16 - LG17,5 - CDC17 - FM16,5 - DR18+
Ananas, citron et épices pour ce cru nettement plus compact, très dense, de longue garde. On décèle également des tonalités végétales (petit pois, fève), parfois reprochées aux vins hexagonaux issus du millésime 2004 (elles sont ici manifestes sans heureusement s’avérer affreuses). A revoir dans 10 ans.



15. Pfalz - Dr. Bürklin-Wolf : Deidesheimer Hohenmorgen Riesling trocken G.C. 2008

A l’ouverture : DS14 - PR14,5/15+ - MS14 - AA15,5

Après 5 heures d’aération : DS14,5 - LG15 - CDC15,5 - FM14,5 - DR16
On retombe ici d’un cran pour un vin plus moins ambitieux, fruité, exprimant des goûts de fruits tropicaux en conserve (ananas, papaye). Finale parasitée par des amers un peu trop prononcés (peau de pamplemousse).



16. Rheingau - Georg Breuer : Rauenthaler Nonnenberg Riesling 2008

A l’ouverture : DS17,5 - PR17+ - MS17,5 - AA16,5/17

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG16,5 - CDC16 - FM17 - DR18
J’ai trouvé dans ce vin au style très pugiliste une réelle énergie mais il est encore à ce stade un peu agressif (acidité offensive), plutôt uniforme (on y débusque quelques senteurs de terpènes et de citron), sans trop de dénivelé. Il faudra attendre quelques années avant qu’il s’assagisse, se complexifie, s’adoucisse aussi.



17. Nahe - Emrich-Schönleber : Monziger Halenberg Riesling -R- 2008

A l’ouverture : DS17 - PR18 - MS18 - AA17,5/18

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG16,5 - CDC17,5 - FM16 - DR18+
Le profil de ce vin est plus doux/sucré. Flaveurs tranquilles d’orange, d’épices, de lait de coco, de crème de cassis.



18. Mosel - Wwe Dr. H. Thanisch : Berncasteler Doctor Riesling Kabinett 2004

A l’ouverture : DS16,5 - PR16 - MS16,5 - AA15,5

Après 5 heures d’aération : DS16,5 - LG17 - CDC16 - FM17 - DR17,5
Ce cru vénérable permet ici une expression précise, complexe, sans tapage mais parfaitement nuancée, d’une appréciable douceur acidulée. Aguicheuse, elle déroule en vagues, sur des goûts appelants (lait de coco, mandarine, gingembre).



19. Mosel - Egon Müller : Scharzhofberger Riesling Kabinett 2004

A l’ouverture : DS16,5/17 - PR16,5 - MS16,5 - AA16

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG16 - CDC16,5 - FM17,5 - DR16,5
Bouche aérienne (mais bien légère ?), relativement simple : épices, agrumes, menthe poivrée. Manque de vibration (si l’on compare aux meilleures cuvées du domaine, et en particulier aux cuvées d’enchères).



20. Pirate : Alsace - Boxler Riesling VT Zacharie 2004
A l’ouverture : DS16,5/17 - PR16,5 - MS16 - AA(16)

Après 5 heures d’aération : DS? - LG13 - CDC13 - FM14 - DR?
Riche, miellé, alcoolisé et trop de volatile (pourriture grise ?).

Rappel : Boxler Riesling GC Sommerberg Cuvée Zacharie Vendanges Tardives 2004 : 8/01/2008
DS18 - PC18 - LG16,5+ - MS18 . Note moyenne : 17,6
Expression moins tonitruante mais bien fleurie et fruitée : clémentine, cédrat.
La bouche est alors plus constrictive mais avec un fort potentiel et une belle présence du Botrytis. Un taux de sucre résiduel supérieur est ici contrebalancé par un duo acidité/minéralité qui confère à ce beau vin volumineux une personnalité oxymorique (extraversion sobre).



21. Mosel - Ernst Clüsserath : Trittenheimer Apotheke Riesling Auslese (cuvée des enchères) 2008 (50 cl)

A l’ouverture : DS17 - PR16/16,5 - MS17,5 - AA17

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG17 - CDC17 - FM16,5 - DR17
Fruits tropicaux et une énergie interne acidulée qui rappelle un peu celle d’un vin de glace (cryoextraction naturelle possible, sur ce territoire). Le fruit est simple mais tenu, équilibré, goûteux.



22. Mosel - Willi Schaefer : Graacher Domprobst Riesling Auslese 2004 (37,5 cl)

A l’ouverture : DS17,5 - PR18 - MS18 - AA17,5

Après 5 heures d’aération : DS17,5 - LG17,5 - CDC17,5 - FM17,5 - DR18,5
Raisin de Corinthe, clémentine et mangue se conjuguent dans une palette aromatique fruitée. Trame riche à la persistance acidulée.



23. Mosel - Willi Schaefer : Graacher Domprobst Riesling Auslese 2001

A l’ouverture : DS15 - PR14,5 - MS16 - AA14

Après 5 heures d’aération : DS16,5 - LG16 - CDC16,5 - FM17- DR15,5
Pamplemousse et pointe miellée. L’expression est relativement friande, un peu amère et manque de subtilité pour vraiment séduire. La finale ne parvient pas vraiment à s’envoler.






2ème journée
Vendredi 25 novembre 2016






Ordre de dégustation
(Nombre total de dégustateurs : 15)





24. Franken - Rainer Sauer : Escherndorfer Silvaner trocken Muschelkalk 2013

A l’ouverture : DS13,5 - PR13,5 - CDC13 - AA13,5

Après 5 heures d’aération : DS14 - LG15 - MS15 - FM14 - DR15
Ce second silvaner me semble plus offert que le premier. Compote de pomme, poire, pamplemousse, avec des épices douces (dont la cannelle). Maturité, finesse et soufre plus discret, mieux géré (capsule à vis également). Un cépage cependant plus monocorde que le noble riesling.



25. Nahe - Schäfer-Fröhlich : Fröhlich trocken 2013

A l’ouverture : DS13 - PR13 - CDC13,5 - AA13,5

Après 5 heures d’aération : DS13,5 - LG14,5 - MS13 - FM14 - DR12,5
Vivacité sur le fruit de la passion, le citron jaune. Matière moyenne, simple, mais avec une bonne dynamique (surtout vu le cépage, qui est ici le Müller-Thurgau).



26. Mosel - Egon Müller : Scharzhof Riesling 2013

A l’ouverture : DS14 - PR15 - CDC15 - AA15,5

Après 5 heures d’aération : DS14,5 - LG15,5 - MS14,5 - FM15,5 - DR15,5
A la fois très mûr et très vif (malgré une désacidification, nous souffle David - il y aurait au final environ 30 grammes de sucre résiduel). Terpénique, balsamique, épicé, avec du fruit de la passion et du jus de citron frais.



27. Rheinhessen - Keller : Riesling von der Fels 2013

A l’ouverture : DS14,5 - PR14,5/15 - CDC14,5 - AA14

Après 5 heures d’aération : DS14,5 - LG15,5 - MS15,5 - FM13,5 - DR16
Odeurs très “Riesling” (terpéniques, balsamiques), tout en fraîcheur, avec des épices, de la verveine. Cohérent sur une matière intermédiaire et on termine sur une bouche littéralement irradiée de vivacité citronnée.



28. Nahe - Dönnhoff : Roxheimer Höllenpfad Riesling trocken 2013

A l’ouverture : DS14 - PR15 - CDC13,5 - AA14

Après 5 heures d’aération : DS14 - LG15,5 - MS15 - FM15 - DR16
Vin levuré. Grès rouge. Cru devenu GG aujourd’hui. On retrouve ici le style du domaine, plus en douceur (même si l’acidité reste conséquente). Le milieu de bouche s’accorde donc plus de confort moelleux, illustré par une dominante de tarte au citron meringuée.



29. Pfalz - Von Winning : Deidesheimer Grainhübel Riesling trocken 2013

A l’ouverture : DS13,5 - PR13,5/14 - CDC13 - AA13,5

Après 5 heures d’aération : DS14 - LG15 - MS13,5 - FM14,5 - DR16
L’aspect est ici plus végétal, avec du poivron vert, de la verveine citronnelle, de la menthe, du poivre. Le caractère est très intransigeant (en sous-maturité ?). Certains évoquent la variétalité du sauvignon, je pense de mon côté plutôt au grüner veltliner (Riesling mais pas tout à fait).



30. Rheingau - Georg Breuer : Rauenthaler Nonnenberg Riesling 2013

A l’ouverture : DS14 - PR13,5/14 - CDC14,5 - AA14,5

Après 5 heures d’aération : DS15 - LG16+ - MS16,5+ - FM16 - DR17,5+
Présentation délibérément fermée/mutique/fruste, pour un vin dans lequel on déniche des accents citronnés et salins. Emprisonné (encore plus lors de la session de l’après-midi), uniforme, avec une bonne densité de matière et un soupçon de sucre résiduel intégré. Attendre 10 ans.



31. Saar - Peter Lauer : Riesling Schonfels GG Fass11 2012

A l’ouverture : DS16,5 - PR16,5+ - CDC16,5 - AA15,5

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG17,5 - MS17,5/18 - FM18 - DR18
Vignes non greffées. Autant le vin précédent est cadenassé, autant celui-ci est particulièrement avenant. Présentation bien mûre (un côté viande grasse, rillettes), profonde, avec beaucoup de fruit (pêche). Tendu, très sapide, harmonieux, avec une superbe noblesse des amers. On se régale.



32. Rheingau - J.B. Becker : Wallufer Walkenberg Riesling Spätlese trocken Alte Reben 2010

A l’ouverture : DS16 - PR16,5+ - CDC16,5 - AA17

Après 5 heures d’aération : DS16 - LG16,5 - MS16,5/17 - FM17 - DR17
Goût de pommes caramélisées dans ce vin mûr et acide, présentant un début d’évolution (sensation de miel).



33. Pflaz - Dr. Bürklin-Wolf : Deidesheimer Hohenmorgen Riesling trocken G.C. 2010
Bouchon.



34. Nahe - Emrich-Schönleber : Monziger Halenberg Riesling -R-2010

A l’ouverture : DS17 - PR17/17,5 - CDC17 - AA18

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG17 - MS18 - FM17,5 - DR18
Proposition joyeuse, sautillante (un léger perlant), en style fruité (comme dans le cas du 2008 bu hier). Le vin, au milieu de bouche assez tendre, se boit avec délice.



35. Pfalz - Müller-Catoir Haardter Bürgergarten Breumel in den Mauern 2010
A l’ouverture : DS16,5/17 - PR17 - CDC16,5 - AA16,5/17

Après 5 heures d’aération : DS14? - LG15 - MS(14) - FM14 - DR?
Palette aromatique curieuse, extravagante, impliquant de la rose, de la lavande (muscat ?, gewurztraminer ?). Coupable manque de soutien en milieu de bouche. Le vin a séduit l’après-midi ...



36. Pirate : Alsace - Louis Sipp Riesling Kirchberg 2010
A l’ouverture : DS17 - PR16,5+ - CDC17 - AA16+

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG16,5/17 - MS17+ - FM17 - DR17,5
Bouteille saline, avec du citron, du cumin. Goût ferme, salivant, pour un vin qui commence un peu à s’extirper de sa gangue minérale.



37. Rheinhessen - Keller : Riesling von der Fels 2007

A l’ouverture : DSED - PRED - CDCED - AAED

Après 5 heures d’aération : DSED - LGED - MSED - FMED - DRED
Arrière-goût liégeux.



38. Pfalz - Koehler-Ruprecht : Kallstadter Saumagen Riesling Kabinett trocken 2007

A l’ouverture : DS14,5 - PR14 - CDC15,5 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS15 - LG15,5/16 - MS16 - FM16 - DR14,5
Nez exprimant les agrumes, l’anis, une pointe safranée (liée au soufre ?). Bouche solide, austère (carence fruitée), un peu raide à ce stade.



39. Pfalz - Koehler-Ruprecht : Kallstadter Saumagen Riesling Spätlese trocken R 2007

A l’ouverture : DS16 - PR14,5/15 - CDC16 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG17,5/18 - MS18,5 - FM18,5 - DR18,5
On monte ici clairement en gamme avec un vin imposant, généreux, délivré. Douceur et maintien sur de très longues saveurs corsées mêlant épices, mandarine et rhubarbe. Magnifique.



40. Nahe - Dönnhoff : Norheimer Dellchen Riesling GG 2007


A l’ouverture : DS16,5 - PR17 - CDC17 - AA16,5

Après 5 heures d’aération : DS16,5 - LG16,5/17 - MS17 - FM16 - DR17
Mangue, fruit de la passion , citron confit pour un vin expressif, exotique, très mûr, finissant sur beaucoup de pamplemousse.



41. Mosel - Egon Müller : Scharzhofberger Riesling Kabinett 2007

A l’ouverture : DS17 - PR16 - CDC17 - AA17

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG16 - MS17 - FM16,5 - DR16,5
Tendance acidulée, citronnée (citron vert incisif) et épicée pour un vin à 10° d’alcool, restant plutôt léger. Notes complémentaires de fleurs entêtantes (lys) et de citronnelle. Présence correcte mais le vin n’est pas très vibrant et desservi par une amertume un peu trop prononcée.



42. Mosel - Willi Schaefer : Graacher Domprobst Riesling Spätlese 2007

A l’ouverture : DS16,5+ - PR16,5+ - CDC16,5 - AA16,5

Après 5 heures d’aération : DS17,5 - LG17 - MS17 - FM16,5 - DR17,5
Sophistiqué et en même temps facile d’accès, vibrant, rythmé, valorisé par une belle fraîcheur de jus d’orange frais. Très belle intégration du sucre.



43. Mosel - Dr. F. Weins-Prüm : Erdener Prälat Riesling Spätlese 2007

A l’ouverture : DS15 - PR14,5 - CDC15 - AA14

Après 5 heures d’aération : DS15 - LG16,5/17 - MS16,5 - FM15- DR16,5
Fruité, corsé, riche (copieux) pour une matière de gamme auslese. Style moins tonitruant, immédiat (naturel ?) que dans le cas du vin de Willi Schaefer mais le terroir, comme dans le cas du Bernkasteler Doctor, est noble/fécond et le sucre s’intégrera avec le temps.



44. Mosel - Joh. Jos. Prüm : Wehlener Sonnenuhr Riesling Spätlese 2001

A l’ouverture : DS17,5 - PR17 - CDC16,5 - AA16,5/17

Après 5 heures d’aération : DS17,5/18 - LG17,5 - MS18,5 - FM19 - DR18,5
Lys en fleurs capiteuses, mandarine, épices, sauna (pierres chaudes) composent un ensemble frais, citronné, diaboliquement précis, qui commence à prendre forme, après 15 ans de gestation. Intense et vibrionnant (niveau goldkapsel ?).



45. Mosel - Wwe Dr. H. Thanisch : Berncasteler Doctor Riesling Auslese 2001

A l’ouverture : DS16 - PR16,5/17 - CDC16 - AA15

Après 5 heures d’aération : DS17 - LG17 - MS17,5 - FM17 - DR17,5
On bénéficie ici d’une production de toute beauté, qui semble moins prête à boire (si l’on compare au spätlese WS 2001 de Prüm). La richesse s’exprime via des notes de mangue pour un vin paisible, stable, prenant son temps, tenu par une acidité sans faille.



46. Mosel - Fritz Haag : Brauneberger-Juffer Sonnenuhr Riesling Auslese 2001 (37,5 cl)

A l’ouverture : DS? - PRED - CDCED - AAED

Après 5 heures d’aération : DS14? - LG14,5 - MS(15) - FM15 - DR?
Expression plus fruste, lactique, pour des goûts d’abricot, de caramel au beurre salé. Le vin se montre simplet, plat et est affublé d’une légère pointe de colle.




Conclusion

Après ce beau parcours riche en plaisir et enseignements confirmant s’il en était besoin l’exceptionnelle plasticité du Riesling, je ne me lancerai pas dans une conclusion trop longue (il n’y en aura volontairement qu’une pour les deux séries) dans la mesure où nous avons donc goûté des vins très différents (secs et fruités, en apogée ou non, …), issus de régions diverses (la Moselle diffère de la Nahe, le supplément de douceur des vins de Dönnhoff étant par ailleurs dû à la fois au climat et aux choix de vinification).
Nous avons croisé, en instantané, des expressions très variées. Les indications fournies par l’encyclopédiste David Rayer se sont avérées très utiles :
• conduite des vignes et des vendanges :
o on patiente plus chez Karthaüserhof que chez le voisin Von Schubert Maximin, situé à quelques encablures, et Egon Müller accorde une absolue priorité au ramassage de raisins botrytisés
o certains vignerons enclenchent les malolactiques, d’autres non
o des cuvées d’auslese peuvent inclure une part importante d’eiswein
• spécificités de terroirs (y compris en interrégional – cf. par exemple l’acidité accrue des vins de la Saar par rapport à ceux de la Moselle)
• particularités des types de vinification (on ne protège pas les vins de la même manière chez J. J. Prüm et chez Willi Schaefer)
Savoir que l’auslese 2001 de Fritz Haag est issu de jeunes vignes, suite au remembrement du terroir, est encore un autre type d’information de terrain très utile.
Ces explications nous ont permis de mieux comprendre la présentation actuelle (et future ?) des vins (deviner un Riesling alsacien à l’aveugle dans ce panel n’est pas chose aisée, au demeurant).
Avec dans certains cas des vins juvéniles/secs à l’acidité cinglante (2013, 2010 - malgré une désacidification permettant de désactiver le mordant). Des expressions encore logiquement élémentaires, de longue garde (Breuer, Keller), qui évolueront bien (les vins de Breuer étaient réticents jeunes là où le vin de Peter Lauer, certes sur 2012, se dévoilait sans retenue).
J’avoue un faible pour les vins fruités, d’un équilibre unique au monde, d’une gourmandise irrésistible, encore plus quand ils arrivent en apogée.
Merci donc à David Rayer pour cette sélection de haut vol, sur deux soirées attentives et joyeuses.
Il y a eu des vins de haut niveau et je repense ici avec bonheur à des visites sur place avec le même David, pendant les enchères (versteigerung), qui m’ont permis de déguster en rafale un nombre impressionnant de très grands vins fruités.
Ces nombreuses cuvées d’enchères possèdent dans l’immense majorité des cas un réel supplément d’âme (de prix aussi, bien évidemment), de profondeur de champ, d’explosivité fruitée, de vibration minérale (on “monte” alors à 19/20 voir plus).
On pourrait enfin explorer d’autres pistes, tant la diversité des Rieslings allemands est grande.
Bassermann-Jordan, Christmann, Zilliken, Loosen, Markus Molitor, Grans-Fassian, Robert Weil, Gunderloch, Weiser-Künstler, Von Hövel, … ne sont en effet pas en reste pour produire des cuvées également fort recommandables.





Un mot de David Rayer

L'organisation de dégustations autour des vins allemands, et plus précisément de différents Rieslings allemands, dans les locaux du club de dégustation In Vino Veritas à Toulouse avait été évoquée voilà bien longtemps déjà. L'année 2016 a (enfin) permis de concrétiser ce projet, sur lequel nous avons travaillé durant quelques mois.

C'était un plaisir personnel de déguster ces vins avec un ensemble de dégustateurs remarquables, autant par la sympathie de leur accueil que pour les compétences de dégustation (bien connues notamment à l'aveugle) des participants. Cette première approche, divisée en deux sessions, a été volontairement large en terme de gamme de Rieslings (régions, sols, styles de vinification, etc.) tout en essayant d'avoir des domaines, des vins et des millésimes identiques afin d'aborder plus en détails les différentes nuances. Les principales régions productrices de grands Rieslings étaient présentes : Mosel (avec la Saar et la Ruwer), Rheingau, Nahe, Palatinat et Rheinhessen. Trois vins de "mise en bouche" ont été servis, deux de Franconie produit avec du Sy(i)lvaner et un de Nahe avec le Müller-Thurgau.

Les vins avaient été volontairement choisis jeunes, allant du millésime 2013 au millésime 2001. Ils ont été servis par série de millésimes frais et mûrs. S'il n'y avait qu'une conclusion à tirer, elle serait la démonstration de la capacité de vieillissement de ces vins, et j'ajouterai même plus, la nécessité de faire vieillir ces vins pour en tirer le maximum. Nous savons tous que le Riesling est un cépage aromatique, vif et complexe, qui peut contrairement à certains autres cépages sembler bien se présenter à tout âge. Il est également clair pour bon nombre d'entre nous que le Riesling a des capacités de vieillissement hors norme. Toutefois, et comme tout grand vin de ce monde, la quintessence et l'optimum du Riesling ne sont atteints qu'au bout d'un vieillissement conséquent, souvent au minimum une décennie voire largement plus, y compris pour les secs. Et cela est valable dans toutes les gammes (vins de niveau village aux grands crus), pour autant qu'il s'agisse bien sûr de vins qualitatifs. La série de 2008, millésime frais et "tendu", a été un exemple frappant : les vins ont encore besoin de quelques années pour se montrer moins austères et atteindre leur plateau de maturité.

La principale difficulté lorsqu'on aborde le monde des vins allemands reste le décryptage des étiquettes (et souvent même la prononciation des noms). La diversité et la multitude de crus, couplées à d'autres paramètres comme une législation très stricte et la présence ou non de sucre résiduel, font qu'il existe une nomenclature des vins très complexe. De plus l'évolution lancée depuis le début des années 2000 principalement par l'association des meilleurs vignerons d'Allemagne (le VDP) porte à peine ses fruits aujourd'hui, même si elle a progressé parfois de manière à embrouiller les consommateurs (Erste Lage, Grosse Lage, Grosses Gewächs, etc). Pour autant, la législation est souvent très précise et claire, et j'espère avoir pu apporter aux dégustateurs présents des éléments et astuces afin de mieux s'y retrouver. Le parcours pour décrypter et comprendre ces vins est long (et même infini, mais n'en est-il pas de même pour les autres pays?), mais tellement passionnant que je pense qu'il mérite une attention particulière tant les vins peuvent apporter satisfaction et même émotion aux dégustateurs. Il faut parallèlement rappeler que dans la majeure partie des cas les rapports qualité/prix absolument exceptionnels, et le système de vente sur allocation est encore extrêmement rare même dans les domaines les plus prestigieux. J'encourage également tout le monde à aller une fois sur place, les paysages (surtout mosellans) sont absolument incroyables avec souvent des pentes vertigineuses. Enfin les vignerons vous accueillerons généralement avec une sympathie et une gentillesse hors classes (un nombre non négligeable parle français, quasiment tous parlent anglais).

Ces deux sessions de dégustations ont également été très riches et instructives pour moi. Je "baigne" dans le Riesling allemand depuis quelques années, et le fait d'avoir des avis que je pourrais qualifier d'extérieurs (même si nombre de dégustateurs présents connaissaient déjà bien l'Allemagne) a été très appréciable, d'autant que les discussions étaient aussi intéressantes qu'argumentées. Nous avons pu à quelques reprises noter des différences liées je pense plus aux goûts et aux expériences des personnes présentes qu'à la qualité des vins. Cela fait également partie du monde du vin et de la facette subjective des dégustations. Mes notes, pour ceux qui regarderons de plus près, se veulent refléter le vin à son apogée, et pourront paraître plus hautes à quelques reprises car j'estime que certains (la majorité en fait) seront encore meilleurs dans quelques années.

Merci donc pour l'organisation de ces deux soirées, et merci aux participants pour les différents échanges.

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